Siècle

Du 20 juillet au 22 septembre 2019

Photos @ Nicolas Bouriette (sauf autre mention).

Entrée libre : du mercredi au dimanche de 14h à 19h

Exposition collective / Commissaire : Franck MAS

Pour sa quinzième exposition la Tannerie propose de faire une pause dans le flux incessant d’informations que produisent nos sociétés modernes, de faire contrepoint aux injonctions souvent contradictoires dont nous sommes les spectateurs ou les cibles.

SIECLE invite au ralentissement, au ré-apprivoisement d’un rythme ou d’une pulsation qui nous serait propre, à prendre le temps, à le retrouver, à en ré-apprécier la saveur si particulière, à se le réapproprier, en excluant les notions de précipitation, d’impératif ou d’urgence.

Le mot « siècle », intitulé de notre exposition, ne définit pas la période de cent ans que nous connaissons tous, mais désigne étymologiquement la temporalité de la vie en contraste avec le temps céleste et éternel qu’est celui de la mort.

SIÈCLE met en lumière des artistes contemporains dont la durée est l’enjeu et le matériau principal de leurs recherches : temporalité du regard, temporalité de la matière, ou temporalité organique de l’artiste. Notre exposition dévoile une toute petite partie du foisonnement créatif dont ils font preuve quand ils interrogent la chronologie, la périodicité, le séquençage, la permanence, le rythme ou même l’érosion.

Si toutes les œuvres présentées ici sont de facto issues d’un processus témoignant d’une antériorité, l’exposition s’éloignera du champ strict de la mémoire, pour l’ouvrir au concept de dynamique, dont le temps et la durée sont par essence le phénomène.

Qu’il s’agisse de peinture, interrogeant le temps de regard et la façon dont l’œil construit ou déconstruit la perception lorsqu’il fait face à un objet pictural, qu’il s’agisse de monochrome lorsque le temps altère la densité de la couleur et en constitue un jeu et un enjeu esthétique, qu’il s’agisse de photographie qui témoigne des antagonismes entre nature et bâti, ou bien qu’il s’agisse de musique dont la matière sonore s’absente, ou au contraire se dilate dans des proportions encore inouïes, ou bien encore de sculpture dont le temps constitue un matériau de construction à part entière, chaque œuvre présentée ici manifeste des nombreuses préoccupations dont les artistes de notre époque se saisissent.

Il est étonnant de constater combien cette question traverse aujourd’hui la création. Comment les artistes s’en emparent et ouvrent des champs d’expérimentation et de nouvelles perspectives. L’exposition est un instantané, une proposition non exhaustive des voies qu’empruntent ou défrichent les artistes qui font de cette notion leur préoccupation première.

A l’objet fini, achevé, inerte et souvent présenté comme un aboutissement dans le cadre d’exposition, SIÈCLE oppose ici des œuvres qui témoignent plus du processus et du cheminement. À l’exception de quelques pièces, les œuvres n’appartiennent plus au registre de l’achèvement mais à celui du témoignage, de la phase de réflexion, d’une étape, ou d’un processus. Le statut de l’œuvre s’en trouve donc modifié. Il interrogera notamment l’idée du séquençage, de la périodicité et de la fragmentation comme support ou système de

La singularité des pièces exposées conduit également à interroger le contexte de l’exposition comme espace dans lequel les codes usuels de regard peuvent être déportés. Ici l’exposition n’est plus le siège d’œuvres sanctuarisées, mais devient un laboratoire au sein duquel elles se construisent toujours, se modifient encore, se prolongent ou s’altèrent avec temps.

SIÈCLE tente une synthèse entre l’atelier et l’exposition en mettant à l’honneur des œuvres qui refusent la dichotomie entre temps d’élaboration et temps d’observation, et qui ouvrent une perspective dans laquelle chacune trouve son propre battement et génère un temps qui l’affranchit du geste qui l’a conçu.

Nous vous invitons par conséquent sans doute moins à les observer, qu’à découvrir, à unifier et à harmoniser un rythme qui vous serait commun.