Anne-Charlotte Yver

Née en 1987 à Saint Mandé, Anne-Charlotte Yver vit et travaille à Paris.

En 2011, elle obtient les félicitations du jury à l’unanimité, pour son diplôme à Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris. En 2012, elle enchaîne quelques prix : Prix artistique Fénéon de la Chancellerie des Universités de Paris, Prix de sculpture Georges Coulon de l’Institut de France, Prix de sculpture de la Fondation Joseph Epstein, et une présentation au Palais de Tokyo… En 2013 et 2014, elle est déjà invitée pour de prestigieuses résidences (Fondation d’entreprise Hermès, Suisse…).

« Des éléments nés d’une pratique sculpturale expérimentale sont déplacés de l’atelier à l’espace d’exposition. Ces morceaux de constructions démontées ou de sculptures fantasmées, rebuts amassés et matériaux de chantier sont entreposés dans l’espace en inventaire ordonné, rendus visibles dans leur calme présence au sol. A travers la projection sur eux de l’ensemble des gestes à venir, se dessinent les futures tentatives de les faire s’ériger en de nouvelles constructions. Je creuse des intuitions par la manipulation des matériaux l’épreuve de leur résistance, de leurs déplacements, de leur gravité. A travers l’observation des formes, de leurs zones de tension et de relâchement.

Ma pensée à l’état brut se construit par des rapprochements arbitraires d’où éclatent analogies formelles et rapports de forces. Des morceaux s’articulent et se délient dans une reconstruction acharnée de ce qui peine à tenir : fragments d’un sens fuyant, assemblages à l’équilibre douteux, voués à n’exister dans le temps qu’à l’état de chantier mouvant.

Des propositions s’élaborent, fonctionnant à la manière d’un collage où chaque assemblage agit par résonances. Des paysages fragmentés et pourtant édifiés où l’architectonique est mise à l’épreuve par la puissance organique intrinsèque aux matériaux et par la mise en œuvre de principes physiques poussés dans leurs limites. Le moment de la construction est le lieu même de la dégradation. Cette dialectique entropique entre maîtrise et chaos engage une réinvention technique permanente et l’émergence de nouveaux modes d’apparition des formes dans l’espace.

L’ensemble d’actes qu’implique ma pratique de la sculpture, son engagement dans le temps, semblent l’inscrire dans une forme de résistance : l’effort constant d’un corps dans une tentative de structure du concret face à l’effrayante précarité des choses. »

Anne-Charlotte Yver

Il y a déjà une production impressionnante, des pièces fortes à l’actif de cette jeune artiste. La Tannerie a voulu présenter certaines d’entre elles dans « Surfaces et mesures », été 2014. Nous retrouverons sûrement son travail dans un autre déploiement, pour une prochaine exposition.