Eric Stephany

Né en 1970 en Afrique, après Berlin et New-York, Éric Stephany vit et travaille à Paris.

Héritier de l’histoire de l’architecture moderniste d’après-guerre, de l’art minimal et de l’art conceptuel, Éric Stephany manipule les notions de signature et de figure aux marges de plusieurs disciplines. Il développe un travail de sculpture, d’installation et de collage, basé sur une accumulation de matériaux « pauvres » (plaques d’aggloméré, rebuts de maquettistes, restes d’éléments d’architecture…) combinée à des images et des objets trouvés. La notion de figure, souvent de nature autofictionnelle, croise chez Éric Stephany celles de l’identité et du jeu. Sa formation en droit, en histoire de l’art et en architecture, lui a appris que le dessin d’une structure n’est possible qu’à travers la lecture des corps qu’elle canalise. Quand il évoque ses sources, il ne parle ni de citation, ni d’appropriation mais d’extraction ou de réplique. Il élève et transforme les références en territoires de nouvelles fictions qui mettent en scène un casting intuitif de figures qu’il qualifie de symptomatiques.

« Éric Stephany travaille comme un architecte, dans le sens où il expérimente ses œuvres dans l’espace de son atelier-bureau, comme l’architecte conçoit aujourd’hui dans l’espace numérique, pour ensuite en faire l’expérience dans l’espace réel, celui de l’exposition, comme celui de la ville, là même où le corps se confronte à la matière. Cet atelier bureau est le lieu de l’expérience intellectuelle, de la spéculation où il cherche à maintenir le corps dans cette histoire moderne et contemporaine pour en faire l’expérience réelle dans l’exposition comme dans la vie. »

Jean Marc Avrilla

« Légué en 1825 à la Bibliothèque du Roi, le corpus de dessins de l’architecte révolutionnaire Jean-Jacques Lequeu est aujourd’hui classé à l’ « Enfer » de la Bibliothèque Nationale de France. Parmi les centaines de planches, deux d’entre elles retiennent notre attention : Le Sommaire alphabétique des termes usités dans cet ouvrage et les Réflexions préliminaires. De la Science des Ombres naturelles et du Lavis dans le genre fini, que Jean-Jacques Lequeu a laissé vides… Comme une porte ouverte, il n’a pas pris le temps d’indexer son ouvrage. L’Index des Ombres ou Index Analogique propose de remplir ce vide historique par une liste de 93 mots renvoyant à 93 planches (prints, collages, bas-reliefs, sculptures).  » nous explique Éric Stephany.

C’est une partie de ce travail colossal d’index, que La Tannerie a voulu présenter dans l’exposition « Surfaces et mesures », été 2014.