L’agenda

LE TEMPS A L’ŒUVRE

Du 26 avril au 28 avril 2019

VIDEOS D’ARTISTES + VIDEOS D’ATELIERS

Crédit photo : Guillaume LINARD – OSORIO Os Candagos - vidéo de l’oeuvre du Frac Bretagne

Chaque heure, lors de l’événement pensé et cordonné par ACB - https : //www. artcontemporainbretagne.org/ « L’art du weekend - Flâner en art contemporain » , La Tannerie vous proposera une série de séances de projections, pour voir des films d’artistes et des films d’ateliers. Ensuite nous garderons un temps pour partager librement avec vous sur les films vus.

26 / 27 / 28 avril, projections de 15 à 18h - avec :

Sophie ZENON  : L’Homme Paysage (Alexandre) , 3’

En lien avec l’exposition de son travail photographique à L’imagerie, cette vidéo présente « un rapport très intéressant entre image fixe et image en mouvement, un rapport à la temporalité très doux et subtil, et à la mémoire tant individuelle que collective » nous dit Eric Bouttier, directeur artistique de l’Imagerie…

Sophie Zénon réalise ses premières photographies à la fin des années 1990 en Mongolie, un pays qui la fascine pour ses grands espaces et pour le rapport de ses habitants à une nature qui vibre, palpite. Sa découverte du chamanisme, ce système global de pensée dans lequel le monde invisible, et notamment les ancêtres, interagit avec le monde des vivants, la mène en 1998 à reprendre des études universitaires en ethnologie et en sciences des religions. Marquée par cette expérience, sa démarche artistique se concentre depuis la fin des années 2000 sur la mise en scène photographique de l’absence, sur notre rapport aux ancêtres, à la filiation.

John LALOR : Incident urbain , 24’

Une rencontre fortuite sur l’esplanade de la bibliothèque François Mitterrand. Costello et le Colonel, liés apparemment par un passé mystérieux, entament une conversation intense sur l’architecture qui les entoure, tout en évoquant leur passé révolutionnaire, soulignant une forme singulière de mystère psycho-géographique se terminant par un acte final illicite.

Une fiction dont l’intrigue est située sur le parvis de la bibliothèque dessinée par l’architecte Dominique Perrault, retenu à l’issue d’un concours international en 1989. Une occasion singulière pour nous de fêter les 30 ans du projet…

Guillaume LINARD – OSORIO : Os Candagos, 8’

Cette vidéo (2010) est entrée dans la collection du FRAC Bretagne et a été présentée en 2014 dans l’exposition Traversées.

La vidéo s’appuie sur le film L’homme de Rio (1964) de Philippe de Broca. Elle présente le moment précis où Jean-Paul Belmondo est poursuivi dans la ville de Brasília. Guillaume Linard-Osorio a retravaillé la séquence image par image et effacé toute trace de vie, tous les acteurs. Les traces que laisse la technique de rotoscopie (retouche d’images) sur le film original symbolisent l’expulsion des « candangos » de Brasília. Les « candangos » étaient les ouvriers venant de régions rurales, engagés pour construire la capitale, mais dont il était exclu qu’ils y vivent un jour. Brasília, point d’orgue du modernisme capitaliste, devient ville fantôme.

Ici le temps de réalisation (le chantier historique de Brasilia et le travail image par image de l’artiste) s’oppose à la brièveté de la projection. Les œuvres de Guillaume Linard-Osorio sont souvent directement liées aux matériaux de construction architecturale. Il convoque le temps de la construction et celui du vieillissement des matériaux et des ouvrages, leur datation.

Nous sommes très heureux à l’idée de retrouver le travail de Guillaume Linard-Osorio à La Tannerie (aussi programmé dans l’exposition d’été « SIECLE », imaginée par Franck Mas).

Guillaume Linard-Osorio est représenté par la galerie Alain Gutharc, Paris.

Claude LEVEQUE, Le Lac Perdu , 7’35 »

Le Lac Perdu est une invitation au voyage, une déambulation onirique dans l’univers des Opéras Garnier et Bastille. L’artifice et l’éphémère du spectacle sont mis en perspective dans une œuvre lumineuse et inquiétante. Pour la 3e scène de l’Opéra de Paris, Claude Lévêque reprend le temps d’un film les perturbations sensorielles à l’œuvre dans ses dispositifs.

L’essentiel de l’œuvre de Claude Lévêque consiste en installations qui articulent objets, sons et lumières et s’emparent puissamment des lieux et des spectateurs. Il développe ainsi, depuis le début des années quatre-vingt, un univers du saisissement, à mi-chemin entre coercition et ravissement. Art total et art pauvre, art du réel dans sa cruauté et art du rêve dans ses inquiétants labyrinthes, art de l’égarement, entre panique et merveilleux.

Claude Lévêque est représenté par la galerie Kamel Mennour, Paris.

LA 3ème SCENE / Opéra de Paris.

Internet est une place publique, un lieu collectif de rencontres, de prises de parole et de création. Après le Palais Garnier en 1875 et l’Opéra Bastille en 1989, c’est sur ces terres-là, celles du digital, que l’Opéra national de Paris a décidé de bâtir sa 3e Scène en 2015 pour poursuivre le dialogue avec son public et trouver de nouveaux interlocuteurs. Les spectateurs de la 3e Scène habitent l’ensemble du globe, parlent toutes les langues, aiment l’art sous toutes ses formes.

La 3e Scène s’ouvre en grand aux plasticiens, cinéastes, compositeurs, photographes, chorégraphes, écrivains, et les invite à venir créer des œuvres originales liées à l’Opéra national de Paris.

Michel DIEUZAIDE  : Pierre Tal-Coat, L’atelier ouvert, 21’05 »

Film réalisé dans l’atelier de Pierre Tal Coat (1905-1985) sur la pratique de ce peintre majeur. On y découvre son rapport au temps (que ce soit dans la pratique quotidienne à l’atelier ou dans ses marches rapides – presque des courses - pour dessiner en extérieur). On y voit sa manière de travailler, de recouvrir la toile, de laisser reposer les œuvres dans un véritable paysage.

Il y parle du travail quotidien, avec un beau moment, passant devant l’arbre pour aller à l’atelier…

L’occasion pour nous de vous conseiller le bel accrochage au Musée de Pont-Aven (en ce moment et jusqu’au 10 juin), et de préparer votre prochaine visite dans le nouvel espace qui lui sera consacré au Domaine de Kerguehennec, à partir de juillet (Il y a là un fonds exceptionnel - plus de 1 000 œuvres de Pierre Tal-Coat).

Petit bonus à consulter ici pour votre plaisir, sa conversation avec Eddy Devolder aux éditions Tandem (1991).

Erwan LE BOURDONNEC : Atlas des formes du ciel , 4’16 »

Cette vidéo, à l’image d’un « documentaire », restitue l’origine d’un travail mené au Musée Historique National de Rio de Janeiro, lors de la semaine du dessin 2018. (Plus précisément dans le cadre du projet DDD - fabrique médiatique de l’histoire, imaginé et porté par Agnès Callu – une édition du projet complet est disponible dans notre librairie pour les curieux).

C’est une tentative pour classer l’informe, avec le ciel comme seul sujet.

Cette vidéo montre une recherche dessinée, une recherche par le dessin, une classification sur un grand panneau. Erwan Le Bourdonnec réalise un travail didactique et sensible qui convoque des travaux passés, des œuvres en cours et des projets futurs. Passé, présent, futur, les différents temps se confondent dans cette recherche.

Ce projet est aussi une manière d’inscrire le présent dans l’acte même du dessin, dans le processus de travail.

Proposer ce travail dans le cadre du Musée d’Histoire National, qui travaille justement sur cette question du temps, éclaire ce projet et fait sens.

Emmanuel LESGOURGUES : Desseins animés , 4’16 »

C’est l’occasion de revoir la vidéo présentée lors de l’exposition «  et autres cycles » , dès le printemps 2013 à La Tannerie. Il y a dans le travail d’Emmanuel Lesgourgues, cette notion de cycle et d’engendrement liée à sa manière de réassembler des dessins de différentes époques.

Son œuvre dessinée (on pense à ses récents Etats intermédiaires - dessins successifs et régénérés 2018/2019) continue d’interroger la question du temps de l’œuvre, du processus de génération et d’apparition de l’œuvre. Il aime ainsi jouer des hybridations de techniques et de supports pour nous proposer des variations, des déclinaisons, des suites sans fin.

C’est un vrai casse-tête pour les historiens, mais d’une fraicheur et d’une pertinence délectable pour qui pense que l’art ne peut être que contemporain.

Julie LE TOQUIN, Inventaire de mes oublis , 5’30 » - film d’une performance 2016.

Artiste à la production très singulière, Julie Le Toquin est présentée sur le site DDAB (qui fait un travail de fond remarquable - Ndlr). La vidéo présentée est une restitution de performance, qui convoque précisément la notion de mémoire personnelle intime, et de fait, sa dimension universelle.

Artiste performeuse, elle mélange différents médiums et disciplines : photographie, théâtre, chant, danse, installations, écriture, vidéo, création textile.

Ses thèmes de prédilection concernent tout ce qui a trait au souvenir, à la transmission, à la mémoire collective et individuelle. Dans une époque où la mémoire est si volatile, un évènement en chassant un autre, son travail est plein de sens et nous incite à nous souvenir, à ne pas oublier, à s’inspirer et à comprendre notre passé pour comprendre notre présent.

Récolter, semer, dire, écouter, partager, questionner. Les œuvres de Julie Le Toquin relèvent autant du domaine de la conservation que de la communication. Quand elle parle d’elle, elle parle de nous. Sa démarche est semblable à celle de Marcel Proust mais rejoint aussi de celle de Montaigne : parler de soi pour parler des autres, parler de soi pour parler aux autres, trouver l’universalité dans chacun. Un projet résolument humaniste : remettre l’humain au centre.

LE TEMPS dans l’art contemporain est le thème de notre saison 2019. Le temps dans l’œuvre, le temps à l’œuvre mais aussi le temps de l’artiste… A bientôt !